L’EGLISE, LE CHRETIEN ET L’ETAT

 

« Mon royaume n’est pas de ce monde(…) mon royaume n’est pas d’ci bas » Jean 18,36

  Par les termes ci-dessus, Jésus répondait à Ponce Pilate pendant sa comparution devant lui. En effet, Jésus voulait signifier qu’il est Roi mais pas sur terre et puisque l’on sait qu’il est le Fils de Dieu, le Messie, on peut évidemment dire que Jésus ne faisait que rappeler qu’il détient un pouvoir non pas terrestre mais céleste, non pas temporel mais atemporel, non pas limité mais illimité, un pouvoir absolu. Car il faut le rappeler, l’Etat, la République, le royaume s’éteignent et disparaissent aux frontières ecclésiastiques en ce sens qu’ils sont limités dans le temps et dans l’espace par rapport à l’Eglise, qui elle demeure et transcende ces deux termes. D’où une réaffirmation de la prééminence du spirituel sur le temporel. Néanmoins, il faut le souligner, l’Eglise n’est pas et n’entend pas être une force politique.

Le pouvoir que détient un roi n’équivaut jamais à celui du Roi, en d’autres termes, le pouvoir exercé sur la terre par un roi n’est que le dérivé du pouvoir originaire qui est celui de Dieu. C’est dans ce sens que Saint Augustin nous rappellera qu’il n’y a pas d’autorité qui ne vienne de Dieu, car l’essence du pouvoir est divine.

         Dès lors le Chrétien en tant que disciple du Christ doit avoir face au pouvoir politique en place dans la société, une attitude bien réglementée et organisée. En fait, il est bien vrai que l'Eglise notre Mère reconnait l'indépendance entre la sphère civile et la sphère religieuse mais pas entre la sphère civile et la sphère morale. Si les pratiques spécifiquement religieuses n'ont rien à voir avec la société civile, il n'en est pas de même pour les valeurs fondamentales comme la justice, le respect de la vie, de la personne, qui, bien qu'enseignées par l'Eglise, restent et doivent demeurer fondamentales pour nos sociétés. Ces valeurs ne sont pas "confessionnelles": elles ne peuvent être dissociées entre une vie "spirituelle" privée et la vie dans la société.

Ainsi donc, est ici donnée une orientation pour le chrétien qui doit, tout en restant fidèle à Dieu, ne pas rester à l’écart des activités sociales, et qui doit respecter le pouvoir terrestre dans toute son entièreté mais dans les limites et restrictions imposées par l’Eglise. Autrement dit, «Rendez à César ce qui est à César », ni plus ni moins, « et à Dieu ce qui est à Dieu », car tout le reste lui appartient.

La vie du chrétien vis-à-vis de la politique se caractérise donc par une proximité distante. Tout chrétien digne de ce nom et de cette grâce se doit donc d’être un bon citoyen et même un très bon citoyen.