La philosophie comme recherche de la vérité s’est intéressée dès ses débuts à tout ce qui compose l’univers. Car, pour aider l’homme à connaître la nature qui l’entoure et mieux vivre il paraît impérieux que la philosophie lui découvre l’essence des éléments de l’univers. Et, la réflexion philosophique sur le monde physique est appelée cosmologie ou philosophie de la nature. Cette philosophie a connue une évolution depuis son antique conception jusqu’aux découvertes modernes qui semble-t-il, ont tout bouleversé.

 Ainsi, faut-il au vue des différences entre conceptions antique et moderne penser leur rapport en termes de rupture ?

 En réalité, n’y aurait-il pas au-delà  des apparences un prolongement de la pensée cosmologique de ses début jusqu’à notre époque ?

 

D’un coté, les premiers philosophes de la nature se basaient essentiellement sur l’expérience sensible pour tenter de déterminer la cause matérielle des choses. Cette approche était déjà novatrice et originale puisque l’on s’évertuerait désormais à rechercher les causes des choses par la raison et non plus par le mythe. Ainsi, observant que dans sa région rien ne subsistait pendant la sécheresse, THALÈS de Milet en déduit que l’eau est le principe de toute chose. Une telle réflexion même s’il est une tentative de démonstration par la raison serait qualifier de simpliste par la science moderne. Car, à la différence des philosophes de l’Antiquité, le scientifique moderne, aidé par un outillage très sophistiqué recherchera les composant d’une matière grâce à une méthode de travail : l’expérimentation.                                                          

D’un autre coté, l’on concevait depuis PLATON et ARISTOTE dans l’Antiquité, que le l’univers avait une structure fixe, inaltérable et que son origine était hors du temps. Chez Platon par exemple le Démiurge, dieu créateur, qu’Aristote appellera le ‘’Premier moteur’’ façonne le cosmos en lui imprimant  certaines de ses caractères : l’éternité la perfection et l’ordre. L’univers est par conséquent organisé parfait et sans histoire puisqu’il est à l’image du divin et le monde où l’homme vit est  au centre du cosmos: c’est le ‘’géocentrisme’’. Devant une théorie si idéale et parfaite l’on voit bien pourquoi l’affirmation de Nicolas COPERNIC (1473-1543), appuyée plus tard par GALILÉE, selon laquelle la Terre tourne sur son axe en un jour et fait le tour du Soleil en une année a été reçu comme une cassure sérieuse par rapport à l’ancienne approche. De cet ‘’héliocentrisme’’ de la terre va s’imposer dans la science moderne que tout est en mouvement dans l’univers

Il apparait alors que les conceptions antique et modernes l’essence des choses de la nature et même la définition et la structure de l’univers semblent bien s’opposer autant dans leurs méthodes que dans leurs résultats. Cependant, en dépassant les apparences ne pouvons-nous pas distinguer un rapport d’évolution entre ce deux tendances ?

En réalité, la science l’interprétation de la nature doit être considérée comme une continuité. Car, c’est bien par dépassement des théories anciennes que la science évolue et se perfectionne. Ainsi, il a bien fallu les DÉMOCRITE et XÉNOPHANE postulent que le monde se compose d’atomes, structures immuables et indéformables qui ne se différencient que par la grandeur, la forme et les dispositions qui  donnent les divers corps, pour que les physiciens et chimistes comme PERRIN déclare au début de la science moderne que l’atome est le constituant de base de toute chose, le « grain » de matière élémentaire. De  plus, les avancées techniques réalisées ont bien montrées la véracité de cette thèse qui continue d’être approfondie.

Par ailleurs, c’est le constat de cette évolution qui a fait dire à AUGUSTE COMTE que le monde doit se confier de plus en plus à la science qui est la ‘’religion positive’’. Car l’esprit l’humain est passé par ‘’l’état théologique’’ en expliquant tout par le divin, ensuite par ‘’l’état métaphysique’’ dans lequel il essayait d’expliquer le réel par les forces de la nature, enfin c’est dans l’état positif accomplissement de la raison où la science démontre et comprends le réel de façon  plus juste et pertinente

En somme, la connaissance du réel loin d’être détachée et contradictoire a évolué depuis les premiers physiologues de l’antiquité grecque jusqu’au développement de la science moderne qui ne cesse de progresser.