Aujourd’ hui, après la crise post- électorale qu’a connue notre pays, la Côte d’ Ivoire, et  face à l’intervention des religieux dans ce conflit, nous nous interrogeons sur la relation entre la politique et la religion. En effet, pour certains, la religion se doit de n’avoir nulle commerce avec la politique. Mais ce point de vue est carrément rejeté par d’autres, qui  pour  eux, politique et religion se doivent d’être complémentaire, en vue du bien être des hommes. Ainsi, la question qui mérite d’être posé est de savoir : quel rapport la politique et la religion entretiennent elles ? Est que la politique collabore-t-elle avec la religion ? Autrement dit, le chrétien doit-il faire fi de ses convictions religieuses en politique ?

Du grec Polis, la politique est définie par Aristote, comme la gestion des affaires de la cité. Le chrétien, vivant de ses croyances religieuses est un être social, c’est à dire appelle à vivre en communauté, en cité. Il est ontologiquement membre d’une cité. Ainsi,  sans sa volonté, il est donc engagé dans  la  gestion des affaires de cette cité. Ipso facto, la religion et la politique sont  deux réalités présentes à la conscience humaine, qui s’entremêle afin procurer à l’homme les armes nécessaires pour mieux aborder la politique. Ceci, étant le chrétien ne peut avoir une existence passive face à la politique, du fait même de son incorporation à la société. Les autorités religieuses, appartenant tout aussi à une société, se doivent donc de montrer leur désapprobation face aux malversations politiques de leur pays.  Il en revient au chrétien de ne pas faire fi de ses convictions religieuses en politique. La religion doit alors le guider  dans les voies de la politique. En effet, la religion est le lieu où sont enseignées les vertus et les attitudes morales, elle incarne le principe du bien. Le chrétien, dans la politique doit être reconnu par  sa disposition à faire le bien, il doit être  modèle, par sa manière de vivre, calqué des principes de la religion. Il est appelé par  le témoignage de sa  vie chrétienne à faire briller la lumière de son baptême dans ses œuvres en politique. Par exemple, le chrétien qui n’est pas capable de dire non aux pratiques odieuses de la politique, tel que le cas du vote de la loi sur le mariage pour tous, la loi de l’autorisation de l’avortement … ne peut prétendre être chrétien, car il ne témoigne pas sa vie de chrétien dans milieu politique. La vie chrétienne est une vie de témoignage, le Christ avant de monter vers son père nous laisse cette invite, soyez mes témoins et mes messagers jusqu’ aux confins de la terre. Le chrétien, dans la société a donc pour mission, de centrer ce monde sans repère sur la personnalité du Christ. Son baptême faisant de lui un alter Christus (autre Christ),  il est appelé à l’imiter dans toutes les occasions par les œuvres d’amour et de bonté, et à bâtir son monde sur lui. Car, il est le chemin qui nous mène à  la vérité, à la justice et au bonheur. L’engagement du chrétien dans la politique doit être un moyen pour  lui de rendre visible sa foi à travers ses actes. Il devra  montrer  son appartenance au Christ non par ses paroles, mais par son agir. Tel est le message que St Jacques dans son épitre nous laisse : « Tu as de la foi ; moi aussi, j’ai des œuvres ; prouve – moi ta foi sans les œuvres et moi, je tirerai de mes œuvres la preuve de foi. » Une foi sans  œuvres est une foi morte. Ainsi, l’agir du chrétien en politique doit découler d’un bon discernent dans le but de poser des actes pour l’édification d’une société d’amour, de justice, de paix et de fraternité. La véritable politique doit avoir pour principe premier, la dignité de l’homme, l’amour, la paix, la justice la fraternité qui trouve leur source première et parfaite dans la religion. Le chrétien a pour mission de s’inspirer religieuses, et de les conduire dans la société. Les autorités religieuses, citoyen tout aussi d’un pays doivent avoir un regard sur la vie des hommes en société pour leur indiquer les voies du Seigneur   

Pour conclure, nous tenons à signifier qu’il existe véritablement un rapport de complémentarité entre la religion et la politique, mais elles demeurent tout deux distinctes. St Augustin, l’un des Pères de l’Eglise dans la Cité de Dieu fait cette distinction entre le monde céleste et le monde. Le monde terrestre qui est imparfait doit s’imprégner des vertus du monde céleste pour construire un monde plus juste, fraternel, de bonheur et d’amour. Pour nous chrétien ivoirien, la résurrection, est pour un nouveau départ avec le Christ qui nous vient nous offrir sa paix et sa réconciliation, afin que nous la vivions et la portions à tous, pour que notre pays retrouve sa paix et sa stabilité.