COMMENTAIRE DU TEXTE DU PARAGRAPHE 13 DE L’ŒUVRE FOI ET RAISON DU PAPE JEAN PAUL II

            Le texte soumis à notre analyse est extrait du paragraphe treize de la Lettre encyclique Foi et Raison du Pape Jean Paul édité par Pierre TEQUI. Intitulé ‘’la raison devant le mystère’’, ce texte met en exergue le rapport entre la raison et le mystère. A la question de savoir comment accéder au mystère de Dieu ? Il soutient que seule la foi permet de pénétrer le mystère de Dieu. Afin d’étayer sa pensée, nous pouvons subdiviser son texte en deux parties : de la ligne (1) à la ligne (44) « il ne faudra pas oublier… décide de vivre en elle », il fait mention de l’obéissance de la foi, source de la compréhension du mystère de Dieu. Et de la ligne (45) à la ligne (83) « les signes présents dans la Révélation… au mystère de la vie trinitaire de Dieu », il présente les signes comme preuves pour la raison dans la connaissance du mystère de Dieu.

            Le mystère est une vérité inaccessible à la raison humaine c’est pourquoi  « seul la foi » (L8) selon Jean Paul II permet de le pénétrer et d’avoir  « une compréhension cohérente »(L9). La raison étant un exercice de réflexion de la conscience, elle est très souvent limitée par des phénomènes qu’elle ne peut expliquer car elle veut suivre une démarche logique en se servant de la méthode et des preuves. Or « la Révélation demeure empreinte de mystère » (L2) ce qui signifie que la connaissance du mystère de Dieu n’est pas absolument du domaine de la raison mais de la foi. Car la « foi est une réponse d’obéissance à Dieu » (L14), elle est une totale adhésion à ce qui est révélé, elle est du domaine de la liberté propre de croire ou de ne pas croire en ce qui est révélé. Dieu étant au-delà de la raison humaine parce que transcendant et suprême, l’intelligence seule ne peut accéder à la plénitude de sa connaissance, il faut que Dieu lui-même se révèle à l’homme et par l’obéissance de la foi, l’homme est libre de Lui donner son assentiment. En effet la foi est le lieu de l’expression de la liberté, l’on décide de croire ou de ne pas croire en une vérité et Dieu lui-même liberté absolue, ne peut s’opposer à la liberté de l’homme. Dieu se révèle à l’homme et par la foi, l’homme est libre de donner son adhésion. Cependant dans cette adhésion, la raison n’est pas exclu comme le dirai Saint Augustin : « la raison éclaire la foi et la foi édifie la raison ».

            « Les signes présents dans la révélation viennent aussi en aide à la raison qui cherche l’intelligence du mystère » (L45-47). En effet les signes sont des représentations matérielles qui permettent de connaitre ou de reconnaitre quelque chose. Les signes sont donc des supports pour la raison d’accéder elle seule à la compréhension du mystère. La Révélation de Dieu vient avec des signes qui malgré l’hésitation de la foi à l’accepter aident la raison dans sa recherche de vérité car les signes sont pleins de sens que la raison ne peut ignorer. Par exemple lorsqu’on se réfère à la Résurrection de Jésus Christ, Saint Thomas, disciple du Christ qui était absent quand le Christ est apparu aux autres disciples refusa de croire qu’Il était ressuscité car sa raison avait du mal à pénétrer le mystère qui se présentait à lui c’est alors que sa raison recherchait des preuves matérielles qui justifieraient que réellement que le Christ est ressuscité : « si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je n’enfonce pas mon doigt à la place des clous et si je n’enfonce pas ma main dans son côté, je ne croirai pas ! » (Jean 20,25). Après que le Christ s’est révélé à lui et ayant fait ce qu’il avait dit c’est alors que son esprit s’est ouvert à l’intelligence du mystère en ces termes : « Mon Seigneur et mon Dieu » (Jean 20,28). Les signes sont porteurs de vérités cachées à laquelle l’esprit est renvoyé et qu’il ne peut ignorer sans détruire le signe même qui lui est proposé. Aussi est-il que l’Eucharistie est une preuve de la justification de la Trinité de Dieu.