LA THEORIE POLITIQUE DE NICOLAS MACHIAVEL: L'ABSOLUTISME

 

PLAN DE L’EXPOSE

 

INTRODUCTION

 

I/ BIOGRAPHIE ET BIBLIOGRAPHIE

1/ BIOGRAPHIE

2/ BIBLIOGRAPHIE

 

II/ CONTEXTE HISTORICO POLITIQUE ET PHILOSOPHIQUE

1/ CONTEXTE HISTORIQUE

2/ CONTEXTE POLITICO PHILOSOPHIQUE

 

III/ PENSEE DE MACHIAVEL RELATIVEMENT A LA POLITIQUE : L’ABSOLUTISME

1/ LA FIN JUSTIFIE LES MOYENS

2/ LE REALISME POLITIQUE

 

IV/ CONSEQUENCES DE CETTE PENSEE

 

CONCLUSION

 

BIBLIOGRAPHIE

 

 

INTRODUCTION

Dans le cadre de notre cours relatif à la philosophie politique et notamment dans l’objectif de découvrir quelques notions et définitions relatives à l’Etat et à son organisation, le thème qui nous est proposé porte sur « la théorie politique de Machiavel ». Pour une bonne compréhension, il faudrait d’entrée de jeu oublier la signification courante de l’adjectif « machiavélique ».

Nous nous situons dans la période historique allant du XVe siècle à la fin du XVIe siècle,une époque où la réflexion humaniste voit le jour, prenant en compte la totalité de la réalité et de l’âme. Cette époque est appelée la Renaissance. Pourquoi Renaissance ? Parce que tout ce mouvement humaniste viendra opérer une rupture avec la théologie, philosophie du moyen âge. Et ce, parce que la Science politique moderne naîtra à cette époque. Et l’un des éléments caractéristiques de cette période s’exprime par l’essor intellectuel provoqué par le retour aux idées et à l’art gréco-latins.

Notre étude s’axera essentiellement sur l’œuvre de Machiavel intitulée le Prince rédigée en 1513, mais parue à titre posthume en 1532. Il a véritablement jeté les bases de la science politique moderne.

 

I/ BIOGRAPHIE ET BIBLIOGRAPHIE

1-BIOGRAPHIE

[1]Né en Italie précisément à Florence en 1469 d’une famille de petite noblesse, Nicolas Machiavel de son vrai nom Niccolò Machiavelli, grandit  dans une Italie déchirée entre une vingtaine de principautés dont le statut politique est disparate et qui deviennent ainsi une proie facile pour les puissances étrangères. Dans sa vie donc il assiste à Florence au renversement des Médicis par les français et à la mise en place d’une constitution républicaine inspirée du moine Savonarole. En 1498, Machiavel devient à près de trente ans secrétaire de la deuxième chancellerie, regroupant les affaires étrangères, militaires, ainsi que l’intérieur. Pendant quatorze ans ; il accomplit un travail extrêmement fécond. Ses missions diplomatiques à l’étranger, en particulier auprès de César Borgia cf. Le Prince[2], chap. VII, lui donnent l’occasion d’observer les mœurs des cours et en tirera des leçons qui nourriront sa réflexion politique. Devenu en 1501 l’homme de confiance du gonfalonier Pier Soderini, il exerça sur la politique de Florence une influence considérable. Mais, en 1512, les Espagnoles renversent la république et les Médicis reprennent le pouvoir. Emprisonné, torturé puis exilé, Machiavel met à profit son oisiveté pour rédiger Le Prince, qu’il dédie à Laurent de Médicis, espérant ainsi retrouver un rôle de conseiller du pouvoir. Après un bref retour à la vie politique en 1526, il en est à nouveau écarté et meurt en 1527, l’année du sac de Rome. Mais  peu d’œuvre ont autant déchainé les passions que celle de Machiavel, car il est le premier philosophe à proclamer ouvertement son cynisme et son réalisme politique. L’apport décisif de Machiavel, qui provoqua le scandale à l’époque, mais qui fait de lui le père de la philosophie politique moderne, est d’abord le refus de fonder la politique sur une morale naturelle ou un ordre religieux transcendant. En ce sens, il est le premier à laïciser la politique qui conquiert  avec lui son autonomie. Il en résulte une rupture totale avec la philosophie politique traditionnelle et les grandes utopies. Machiavel est conscient lui-même d’avoir ouvert une route nouvelle en substituant au modèle idéal de ce qui doit être une théorie positive du politique fondée sur l’analyse des conditions réelles de l’exercice du pouvoir et qui tient compte du jeu des passions et des vicissitudes de l’histoire

 

2-BIBLIOGRAPHIE

Nicolas Machiavel a écrit plusieurs œuvres en italien traduites en français, notamment une œuvre parueà titre posthume. Sa bibliographie se résume ainsi :

  • [3]Discorsisopra la prima deca di Tito Livio, 3 vols. (Discours sur la première décade de Tite-Live) 1512-1517
  • Il Principe, 1513 (Le Prince), publié en 1532
  • Autres ouvrages
  • Discorsosopra le cose di Pisa, 1499
  • Del modo di trattare i popolidellaValdichianaribellati, 1502
  • Del modo tenuto dal duca Valentino nell’ammazzareVitellozzoVitelli, Oliverotto da Fermo, etc., 1502
  • Discorsosopra la provisionedeldanaro, 1502
  • Decennale primo (poème en terza rima), (Les décennales) 1506
  • Ritratti delle cosedell’Alemagna, (Rapports sur les choses de L'Allemagne) 1508-1512
  • Decennalesecondo(Les décennales) 1509
  • Ritratti delle cose di Francia, (Rapports sur les choses de France) 1510
  • Andria, comédie traduite de Térence, 1513 (?)
  • Mandragola, (La Mandragore), 1513
  • Della lingua, (dialogue), 1514
  • Clizia, comédie en prose, 1515 (?)
  • Belfagorarcidiavolo, 1515
  • Asino d’oro, (poème en terza rima), 1517
  • Dell’arte dellaguerra,
  • Discorsosopra il riformarelostato di Firenze, 1520
  • Sommario delle cosedellacittà di Lucca, 1520
  • Vita di CastruccioCastracani da Lucca, 1520 (La vie de CastruccioCastracani da Lucca) •            Istoriefiorentine, 8 livres, 1521-1525 (Histoire de Florence)
  • Frammentistorici, 1525.
  • Œuvres complètes, éd. par E. Barincou, Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1974.
  • Œuvres, Paris, Robert Laffont, coll. Bouquins, 1999.
  • Le Prince, suivi de choix de Lettres, Paris, Le Livre de poche classique, 1972.
  • Le Prince, traduction française de J. Gohory, 1571. Fac-similé de l'édition originale italienne, Blado, 1532. Traduction française de A.-N. Amelot de la Houssaye, 1683, éditions Ivrea, Paris, 2001.
  • Histoire du diable qui prit femme, trad. et postface par Joël Gayraud, Paris, Mille et une nuits, 1995.
  • Le Prince et autres textes, Gallimard, coll. Folio, 1986.
  • L'Art de la guerre, Paris, Flammarion, GF, 1991.
  • Le Prince, trad. par V. Périès, postface de Joël Gayraud, Paris, Mille et une nuits, 2003.
  • Il Principe / Le Prince, suivi de De Regnandiperitia/ l'Art de régner d'Agostino Nifo. Nouvelle édition critique du texte par Mario Martelli, introduction et traduction de Paul Larivaille, notes et commentaires de Jean-Jacques Marchand. L'Art de régner : Texte latin établi par Simona Mercuri, introduction, traduction et notes de Paul Larivaille. Paris, Les Belles Lettres, 2008.
  • Mandragola/ La Mandragore. Texte critique établi par PasqualeStoppelli, introduction, traductions et notes de Paul Larivaille. Suivi d'un essai de NuccioOrdine. Paris, Les Belles Lettres, 2008.
  • La Clizia, traduction et notes de FanélieViallon, Paris, éditions Chemins de tr@verse, 2013.

 

II- CONTEXTE HISTORICO-POLITIQUE ET PHILOSOPHIQUE

L’époque de Machiavel a été marquée par des évènements importants sur le plan historique, politique et même philosophique selon l’ordre de la pensée. Nous tenons à rappeler que sur le plan historique, il y avait une idée d’un monde fini et d’un univers clos. Sur le plan politique, le pouvoir détenu par l’Eglise et sur le plan philosophique, l’ordre de la pensée était empreint de la croyance religieuse, i.e. la théologie qui était la philosophie de l’Eglise à l’époque Médiévale. Le philosophe étant solidaire à son temps, Machiavel tout en rédigeant son œuvre soumise à notre réflexion a été influencé par ces nombreuses mutations que nous tenons à rappeler pour mieux le comprendre.

 

1/ CONTEXTE HISTORIQUE

On parle de « Renaissance ». Ce terme de Renaissance n’est pas dépourvu d’ambiguïté : ne tend-il pas à occulter les éléments vivaces de la période médiévale, comme, par exemple, son humanisme ? Sans perdre de vue la richesse du moyen âge, qui n’est pas une simple charnière historique, il faut reconnaitre que les hommes de la renaissance eurent la certitude de vivre un âge neuf, distinct du passé médiéval. La renaissance expérimente, par exemple, l’apparition de la dissection, la naissance de la chirurgie  avec Ambroise Paré, et une extension foudroyante d’industries apparues à la fin du moyen âge : ainsi l’imprimerie, qui va se développer et diffuser la culture et les idées. De même, les grandes découvertes, avec Christophe Colomb et Vasco de Gama, conduisent à un élargissement du monde connu. Une nouvelle époque des idées commence : passage du monde clos à l’univers infini, Réforme, humanisme, etc. Les anciennes certitudes se défont lentement.

Le cosmos médiéval, fini et limité, va éclater, s’effacer devant les espaces infinis. Cette nouvelle image du monde est décisive : elle signifie l’abandon du géocentrisme au profit de l’héliocentrisme (Copernic), mais aussi l’idée que des millions de mondes se déploient dans un univers infini (Bruno). C’est à cette époque que l’espace spirituel, clos pour la pensée chrétienne du Moyen âge, se brise définitivement, et s’ouvre à l’expansion indéfinie de la pensée des temps modernes.

Un théologien allemand, Nicolas de Cues (1401-1464), qui peut être considéré aussi bien comme une grande figure du Moyen Âge déclinant que comme un penseur de la Renaissance du XVe siècle, affirme dans De la docte ignorance, non pas à proprement parler l’infinité de l’univers, mais son absence de limites : on ne peut pas le concevoir comme fini. Quant à Nicolas Copernic, astronome polonais (1473-1543), il passe du géocentrisme (selon lequel la Terre est le centre de l’univers) à l’héliocentrisme. La Terre n’est donc plus, à ses yeux, le centre du monde, comme le voulaient la théologie chrétienne et le système astronomique de Ptolémée (astronome grec du IIe siècle nap. J-C.), alors dominants.

Mais, c’est essentiellement le moine philosophe Giordano Bruno (1548-1600) qui se risque à affirmer l’infinité de l’univers et la pluralité des mondes. Dans[4]De l’infini de l’univers et des mondes (1584) et dans [5]de la cause, du principe et de l’un (1584), il vient à l’idée d’un Dieu infini, immanent à la nature : Bruno réintègre l’infini au sein d’une Nature divine. Il périra sur le bûcher en février 1600, condamné par le tribunal de l’Inquisition. De la se dégage la vue l’importance historique de cette époque tant au niveau des sciences que de la philosophie.

 

2/ CONTEXTE POLITICO-PHILOSOPHIQUE

Rappelons que sur le plan politique, le Roi était investi par le Clergé, car le pouvoir relevait de l’ordre du divin.

La Réforme protestante a contribué elle aussi, aux mutations : c’est l’Eglise qu’elle ébranle, ainsi que sa domination, car la réforme fait appel à la conscience de chacun. Tandis que Martin Luther (1483-1546) affirme l’autorité de la seule Ecriture Sainte « solascriptura » en 1520 et se trouve excommunié et mis au ban de l’Empire par la Diète de Worms (1521), Jean Calvin (1509-1564) intériorise encore davantage le Christianisme : c’est la méthode d’autorité de l’Eglise qu’ébranle Calvin, qui fait appel au jugement personnel du sujet. Primauté de la Bible, retour à l’Ecriture : voilà ce qu’énonce la Réforme. Foi et grâce apportent le salut aux hommes. L’adhésion profonde du cœur, bien plus que les œuvres, a de l’importance. C’est dès lors mettre l’accent sur le sujet et la personne, sur l’être humain distinct des autres. Il y a là une révolution spirituelle majeure, puisque la connaissance directe de l’Ecriture importe, bien davantage que la tradition de l’Eglise.

Tout nous conduit à parler d’un humanisme de la Renaissance : l’homme apparaît désormais comme la source et l’origine des valeurs. Bien sûr, ce terme d’humanisme date d’une époque ultérieure (1765). Toutefois, bien que forgé aux XVIIIe et XIXe siècles, ce mot n’en désigne pas moins le mouvement spirituel qui se répand en Europe à partir de la fin du XVe siècle : la croyance en l’homme va rassembler philosophes, artistes, poètes et érudits. Par son approche concrète et totale de l’homme, la philosophie de la Renaissance est profondément humaniste.

 

III/ PENSEE DE MACHIAVEL RELATIVEMENT A LA POLITIQUE : L’ABSOLUTISME

            Il est intéressant de souligner que Nicolas Machiavel n’a pas écrit Le Prince[6], mais plutôt  De Principatibus. La version utilisée dans le cadre de notre exposé est la suivante : Le Prince et autres textes, Gallimard, coll. Folio, 1986

1/ LA FIN JUSTIFIE LES MOYENS

[7]Pour faire régner l’ordre, le Prince doit employer si nécessaire la dureté et la ruse. Mais la fin de la politique n’est pas l’oppression des peuples, pour qui Machiavel réclame la liberté. Il critique la naïveté, l’idéalisme, l’angélisme politique. C’est la question de l’autorité et de  l’efficacité politiques qui est posée : il faut utiliser les moyens adéquats à la politique choisie. Il faut recourir tantôt à la pratique des vertus, tantôt à la férocité, adapter son comportement aux circonstances. Ainsi parlant de l’action politique, Machiavel affirme donc l’autonomie du politique, face à l’éthique, mêmes’il n’ignore pas ses fins morales. Il étudie les moyens de la réussite, l’exercice de la « virtù », au sens de la puissance et de la virtuosité  au  sens de la fortune. La « virtù » diffère de la « vertu », au sens moralisateur du XVIIIe siècle. Machiavel considère ainsi que le prince (celui qui détient l’autorité politique) doit user de tous les moyens nécessaires à la réalisation de ses objectifs : selon une phrase qui lui est injustement attribuée, « la fin justifie les moyens ». Le prince doit conserver le pouvoir autant qu’il peut ; il peut ainsi user de la force, de la ruse, de la violence ou dissimuler pour y parvenir, le but étant d’être efficace afin de parvenir le plus rapidement possible à ses fins. Le mal est donc un instrument nécessaire en politique.

Machiavel considère cette méthode juste dans la mesure où tout homme bénéficiant du pouvoir agirait de la même manière que le prince, les hommes étant méchants par nature. La morale n’est donc pas applicable au principe, qui se place au-dessus d’elle et des hommes.Le prince peut également utiliser la religion pour asseoir son pouvoir et contraindre le peuple. Machiavel ne voit pourtant pas dans la religion le fondement du pouvoir (qui vient de la force) ; il n’est qu’un moyen pour le prince de paraitre juste et légitime. Afin de ne pas être haï, le prince doit en effet satisfaire à certaines nécessités, et notamment celle de se conformer à la religion.

L’Etat use de la force, mais dans le but de mettre en place des lois pour le bien du peuple. Machiavel recherche à créer un pouvoir fort destiné à assurer la paix. Il tente de déterminer la manière dont le prince peut prendre le pouvoir puis le conserver. La politique n’est donc qu’une stratégie, tout étant fondée  sur un rapport de force, entre le pouvoir, les rivalités et les conquêtes. Comme une guerre, le jeu politique doit se mettre en place avec une certaine habileté.

Le prince cherche à modifier l’ancien modèle de pouvoir afin de stabiliser le sien, et, avec le temps, devenir légitime. C’est une modification totale du système qui doit s’opérer : les habitants devront rebâtir les villes détruites et s’adapter.

2/ LE REALISME POLITIQUE

[8]Le plus grand tort que la postérité ait porté à Machiavel est de s’être servi de son nom pour désigner, sous le terme péjoratif de «  machiavélisme » un mélange de cynisme et d’immoralité dont le principe serait « la fin justifie les moyens » (mentionné plus haut). Or, le politique, pour Machiavel, requiert d’abord une approche réaliste et objective, une attitude scientifique qui consiste à dégager des lois universellement  valables, en s’appuyant sur l’expérience et les exemples empruntés à l’histoire. Le problème est d’ordre strictement pragmatique ; il ne s’agit pas de proposer le modèle idéale qui doit être réalisé, mais se demander : comment  fonder un Etat, c’est-à-dire prendre le pouvoir et le conserver ? Quels sont les moyens de gouverner ?

Cette recherche d’une politique positive se situe délibérément du côté du prince ou des gouvernants, car c’est là que se trouve le moteur de l’histoire. Le Prince[9]désigne le souverain qui exerce le pouvoir absolu et réelle et qui doit, pour réussir politiquement, réunir en lui la virtù  et la Fortuna. La Fortuna  désigne les circonstances indépendantes de la volonté, que le prince doit exploiter au bon moment et saisir comme une occasion propice à une initiative audacieuse. Quant à la virtù, elle doit être entendue non comme la vertu morale du sage, mais comme un ensemble de qualités, audaces et ruses, sagacité, énergie dans la conception et rapidité dans l’exécution, qui constituent en quelque sorte le génie politique, c’est-à-dire l’art de choisir les moyens en fonction des circonstances et de maîtriser ainsi la Fortune.

La politique doit toujours s’exercer à partir d’une réalité concrète, singulière sur laquelle elle agit dans le but de la transformer. Or, la réalité de la politique est essentiellement conflictuelle, c’est-à-dire qu’elles consistent dans l’affrontement de forces antagonistes : son but est de substituer un ordre au désordre créé par le conflit. Subordonnée à l’impératif d’efficacité, la marge d’action du politique se situe entre deux exigences contradictoires : le prince ne doit pas se sentir tenu par l’obligation de rester moral à tout prix(ne pas mentir, tenir sa parole, ne pas user de violence), mais inversement, il ne saurait professer un mépris à l’égard de toute référence éthique, car les gouvernés attendent que l’on respecte leurs biens, leurs familles et leur honneur. Très éclairants à ce propos sont les conseils sur l’attitude que le prince doit adopter à l’égard de la religion, mais utiliser celle-ci à son profit, exploiter les croyances des peuples pour mieux les dominer.

 IV/ CONSEQUENCES DE CETTE PENSEE

Nicolas Machiavel penseur de la renaissance a posé dans son œuvre le [10]Prince, les bases pour faciliter  la domination de l’Etat sur des peuples soit par des moyens politiques et militaires soit par la religion. L’idée directrice de son œuvre fut d’apporter des moyens en vue de maintenir l’ordre et la liberté du peuple. Cependant fort est de constater que cette vision de l’Etat entant que  détenteur du pouvoir légitime est depuis des siècles adoptée de certains Etats dans le processus de la colonisation où la virtùest prônée en vue d’amasser plus de territoire, dans les guerre en vue d’augmenter un territoire bien défini ou dans le souci majeur de faire asseoir une quelconque domination sur des peuples étrangers.  Dans le processus de décolonisation fort est de constater que les pays colonisateurs ont utilisé soit la violence pour s’installer dans territoire prédéfini soit la religion pour d’entrée de jeu endormir la conscience en vue de faire asseoir la domination comme ce fut le cas des pays africains (citons en exemple la  Côte d’Ivoire dont nous connaissons plus ou moins l’histoire).

 

CONCLUSION

Au terme de notre exposé, il importe de retenir que Nicolas Machiavel est celui qui a fondé la science politique moderne, objective, non moralisante. Il est le premier théoricien de l’Etat et le créateur de ce terme. Il distingue clairement éthique et politique qui relèvent de deux domaines distincts. Il décrit les mécanismes les meilleurs pour s’emparer du pouvoir et le conserver. Le prince, celui qui exerce le pouvoir réel, loin de prôner l’immoralisme devient objet de l’analyse politique, dégagée, par le penseur italien, des connotations théologiques de la période médiévale. La théorie politique de Machiavel est rigoureusement étrangère à la morale. Il a évoqué  avec force les caractères fondamentaux du prince pour montrer le clivage entre éthique et politique. Egoïste, indifférent au bien et au mal, violant la parole donnée et la foi jurée, adorateur de la force, le prince est le paradigme des hommes d’Etat. C’est dans cette dynamique que naîtront les temps modernes avec les découvertes, le Protestantisme et l’humanisme. La modernité culminera avec l’âge classique (Descartes) et les Lumières (XVIIIe siècle), qui développeront les idéaux humanistes. En particulier, la maîtrise technique du monde va de plus en plus s’imposer. Se dessine une nouvelle place de l’homme dans l’univers.

 

BIBLIOGRAPHIE

  •  MACHIAVEL (Nicolas), Le Prince et autres textes, Gallimard, coll. Folio, 1986.
  • RUSS (Jacqueline), memo références, les philosophes, les auteurs, les œuvres, Paris, éd Bordas, 2003, P 99
  • SOREL (Béatrice), l’épreuve de philosophie, éd. VUIBERT, 1986
  • JULIA (Didier), dictionnaire de la philosophie, Paris, éd Larousse, 2006, P 160
  • Dictionnaire des philosophes, éd Armand Colin, 2007, P 243-244
  • Dictionnaire français, Paris, éd Larousse, 2013
  • 100 fiches de cultures générales,  éd Bréal, fiche45, P 162
  • Encyclopédie Microsoft Encarta, 2009

 



[1]JULIA (Didier), dictionnaire de la philosophie, Paris, éd Larousse, 2006, P 160

 

 

[2]MACHIAVEL (Nicolas), Le Prince et autres textes, Gallimard, coll. Folio, 1986.

[3]www.google.com/bibliographie de Nicolas Machiavel

[4] Cf. encyclopédie Microsoft Encarta, 2009

[5]Cf. encyclopédie Microsoft Encarta, 2009

[6] Ibid.

[7]100 fiches de cultures générales,  éd Bréal, fiche45, P 162

 

[8]Dictionnaire des philosophes, éd Armand Colin, 2007, P 243-244

 

[9]Ibid.

[10] Ibid.