SOMMAIRE

  

INTRODUCTION

I-                   SAINT FRANCOIS DE SALES ET SA DEFINITION DE L’ORAISON

 

1-    Qui est saint François de sales ?

2-     Sa définition de l’oraison

 

II-               LES DIFFERENTS TYPES D’ORAISON SELON SAINT FRANCOIS DE SALES

 

1-    L’oraison vocale

2-    L’oraison mentale

     

III-            LES DIFFICULTES LIEES A LA PRATIQUE DE L’ORAISON

1-    L’indisponibilité intérieure

2-    Invoquer Dieu

 

IV-           LES METHODES POUR LA PRATIQUE DE L’ORAISON

  CONCLUSION

 

  

 I- SAINT FRANCOIS DE SALES ET SA  DÉFINITION DE L’ORAISON

 

1-    Qui est saint FRANÇOIS DE SALES ?

 

     Né le 21 août 1567 au château de Sales, près de Thorens-Glières, à quelques kilomètres d’Annecy (Haute Savoie), François de sales est issu  d’une famille de petite noblesse rurale. Très jeune, François désire « être d’Eglise » mais son père s’y oppose pendant toutes ses études ; c’est pourquoi, il l’envoie étudier à Paris puis à Padoue où il obtient un doctorat en droit civil et religieux (car s’il a fait du droit pour satisfaire aux exigences paternelles, il a suivi en même temps des études de théologie !). De retour dans le duché de Savoie, il s'inscrit au barreau de Chambéry en tant qu'avocat. C’est lorsqu’on lui propose le poste de Prévôt (vicaire général) du diocèse d'Annecy que son père accepte, à contre cœur sans doute, sa vocation. Ainsi, il est ordonné prêtre le 18 décembre 1593. C'est l'époque où l'Église romaine reprend courage et se lance dans le grand mouvement de la contre-réforme, pour faire face au protestantisme et à la doctrine de la prédestination. François est alors envoyé comme missionnaire pour ré-évangéliser le Chablais, province devenue presque entièrement calviniste. Il y restera de 1594 à 1598 en parcourant tout le territoire à cheval, à pied dans la neige, parfois cerné par les loups, mais avec une ardeur étonnante. Nommé co-adjuteur de son évêque en 1599, il sera ordonné évêque le 8 décembre 1602 mais résidera à Annecy, parce que Genève est occupé par les calvinistes. Il rencontre Jeanne-Françoise de Chantal (qui deviendra Sainte Jeanne de Chantal) à Saint-Claude et fonde avec elle la communauté féminine de la Visitation, en 1610.

 

 

   

  Mettant en pratique toutes les décisions du Concile de Trente, il se consacre totalement à la réforme de son diocèse. Il le visite en entier, allant jusqu'au plus petit village de montagne. Il met en place la formation du clergé, et la catéchèse. Il compose divers ouvrages de spiritualité pour les laïcs, dont la célèbre « Introduction à la vie dévote ». Il s'engage pour aider les laïcs à vivre à fond leur vie baptismale. Il entretient une importante correspondance de direction spirituelle et passe de nombreuses heures à confesser. De son expérience sortira le "Traité de l'Amour de Dieu", édité en 1616 auquel devait répondre un traité de l’amour de l’homme qui ne vit jamais le jour. Figure marquante de la réforme catholique, il sut allier d’une façon générale l’action et la contemplation. Par ses traités spirituels renommés, il voulut amener tous ses lecteurs à mettre en œuvre l’esprit de vie et de liberté. Il meurt à Lyon le 28 décembre 1622, épuisé par le travail plus que par les années. Ce grand saint fut chéri par Dieu car était toujours présent à son esprit. Que notre vie soit comme la sienne c'est-à-dire une vie d’oraison.

 2-Définition de l’oraison selon saint François de sales

 

« Mon esprit, pourquoi voulez-vous toujours vous empresser comme Marthe au lieu de vous tenir en repos comme Madeleine ? » Selon  saint François de sales, l’oraison est « l’eau de bénédiction qui, par son arrosement, fait reverdir et fleurir les plantes de nos bons désirs, lave nos âmes de leurs imperfections et désaltère nos coeurs de leurs passions »(1) car dit-il: « Notre Seigneur  aime d’un amour extrêmement tendre tous ceux qui sont si heureux de s’abandonner totalement à son soin paternel »(2) En effet, pour lui, c’est une amoureuse, simple et permanente attention de l’esprit aux choses divines. » (3) (Traité de l’amour de Dieu), l’oraison est une action céleste, composée de pieuses réflexions, de saintes affections, de demandes salutaires  et de bonnes résolutions pendant laquelle l’âme fait usage de toute ses puissances pour s’occuper de Dieu. Elle met notre entendement en la clarté et en la lumière divine, et expose notre volonté â la chaleur de l’amour céleste, il n’y a rien qui purge tant notre entendement de ses ignorances et notre volonté de ses affections dépravées.  

Il distingue deux types dont la mentale et la vocale

II-LES DIFFÉRENTES SORTES D’ORAISON SELON SAINT FRANÇOIS DE SALES

Il distingue deux types dont la mentale et la vocale

1-    L’oraison vocale selon saint François de sales

Lorsque l’exercice d’oraison devient habituel, il se simplifie au point d’accéder à une vie intérieure profonde, proche de la contemplation. La Très Sainte Vierge se fait depuis le début de notre vie spirituelle notre mère et notre éducatrice. Elle devient alors notre modèle et nous enseigne le recueillement : son calme, son silence intérieur. Car deux fois l’Evangile de saint Luc la dépeint en disant que devant le grand événement de l’Incarnation, « Marie gardait toutes ces choses dans son cœur. » (Lc 2, 19 et 51). Dépassant de loin les phénomènes extatiques qu’éprouvent les mystiques, la Très Sainte Vierge entrait de plus en plus profondément dans la vie intérieure ou vie contemplative. Dieu nous l’a donnée comme le modèle de la prière.

C’est surtout aux saints qui ont eu l’expérience de la contemplation que nous demanderons de la définir :  Une amoureuse, simple et permanente attention de l’esprit aux choses divines. » Saint François de Sales (Traité de l’amour de Dieu)

  Si toute la vie d’oraison tient dans cette fameuse parole de saint Paul « Mihi vivere Christus est (pour moi, vivre c’est le Christ) » (Ph 1, 21), parole qui résume tout ce que les âmes assoiffées de perfection rechercheront jusqu’à la fin des temps, c’est à la Très Sainte Vierge que nous demanderons de nous conduire par la main dans les sentiers de la prière, d’échapper aux pièges de l’illusion comme aux tentations de découragement, et de parvenir enfin au seuil de ces régions mystérieuses mais si désirables qui sont voisines de l’éternité.

Jésus Christ a appelé l'Esprit saint le consolateur (Jn, 15,26). selon St François de Sales, les soulagements spirituels sont des marques de son activité :

Saint François de Sales conseille ceux qui souffrent de sécheresse et de stérilité spirituelle :

 En effet, L’oraison met notre entendement en la clarté et en la lumière divine, et expose notre volonté â la chaleur de l’amour céleste, il n’y a rien qui purge tant notre entendement de ses ignorances et notre volonté de ses affections dépravées.

2-    L’oraison mentale

Saint François de sales disait   je vous conseille surtout  la mentale et cordiale, et elle doit se faire  autour de la vie et passion de Notre Seigneur car en le regardant souvent par la méditation, toute votre âme se remplira de lui; vous apprendrez ses contenances, et formerez vos actions au modèle des siennes. Il est la lumière du monde: c’est donc en lui, par lui et pour lui que nous devons être éclairés et illuminés; c’est l’arbre de désir à l’ombre duquel nous devons  nous  rafraîchir; c’est la vive fontaine de Jacob pour le lavement de toutes nos souillures. Enfin, les enfants à force d’ouïr leurs mères et de bégayer avec elles, apprennent à parler leur langage; et nous, demeurant près du Sauveur par l’oraison, et observant ses paroles, ses actions et ses affections, nous apprendrons, moyennant sa grâce, à parler, faire et vouloir comme lui.

C’est qu’il faut s’arrêter là, Philothée, dans la mésure où nous ne saurions aller à Dieu le Père que par cette porte. De même que la glace d’un miroir ne saurait arrêter notre vue si elle n’était enduite d’étain ou de plomb par derrière, de même la Divinité ne pourrait être bien contemplée par nous en ce bas monde, si elle ne se fût jointe à la sacrée humanité du Sauveur, duquel la vie et la mort sont l’objet le plus proportionné, délicieux et profitable que nous puissions choisir pour notre oraison ordinaire.

 Méthodes d’oraison

 Employez-y chaque jour une heure devant dîner, s’il se peut au commencement de votre matinée, parce que vous aurez votre esprit moins embarrassé et plus frais après le repos de la nuit.

 Si vous pouvez faire cet exercice dans l’église, et que vous y trouviez assez de tranquillité, ce vous sera une chose fort aisée et commode parce que nul, ni père, ni mère, ni femme, ni mari, ni autre quelconque ne pourra vous bonnement empêcher de demeurer une heure dans l’église, là où étant en quelque sujétion vous ne pourriez peut-être pas vous promettre d’avoir une heure si franche dedans votre maison.

 Commencez toutes sortes d’oraisons, soit mentale soit vocale, par la présence de Dieu, et tenez cette règle sans exception, et vous verrez dans peu de temps combien elle vous sera profitable.

2-l’oraison vocale

     En ce qui concerne l’oraison  vocale, le chapelet est une très utile manière de prier  pourvu que nous  sachions le dire comme il convient. Il est bon aussi de dire les litanies de Notre Seigneur, de Notre Dame et des saints, et toutes les autres prières vocales qui sont dans les Manuels et Heures approuvées. Néanmoins, si  nous ne pouvons pas   faire  de prières vocales ou parvenons à peine à  cela, nous pouvons nous contenter  de  dire simplement, pendant ou après la méditation, l’oraison dominicale, la salutation angélique et le symbole des apôtres.

      S’il advenait que lors de notre  oraison vocale, nous sentons notre cœur attiré et convié à l’oraison intérieure ou mentale, ne refusons point d’y aller, mais laissons tout doucement couler notre esprit de ce côté-là, et ne nous soucions point de n’avoir pas achevé les oraisons vocales que nous nous étions  proposées; car la mentale que nous aurez faite en leur place est plus agréable à Dieu et plus utile à notre âme.

Methode

 

 S’il advenait que toute votre matinée se passât sans cet exercice sacré de l’oraison mentale, ou pour la multiplicité des affaires, ou pour quelque autre cause (ce que vous devez procurer n’advenir point, tant qu’il vous sera possible), tâchez de réparer ce défaut l’après-dînée, en quelque heure la plus éloignée du repas, parce que ce faisant sur celui-ci, et avant que la digestion soit fort acheminée, il vous arriverait beaucoup d’assoupissement, et votre santé en serait intéressée. Que si en toute la journée vous ne pouvez la faire, il faut réparer cette perte, multipliant les oraisons jaculatoires, et par la lecture de quelque livre de dévotion avec quelque pénitence qui empêche la suite de ce défaut;. et, avec cela, faites une forte résolution de vous remettre en train le jour suivant.

 

III- LES METHODES POUR LA PRATIQUE DE L’ORAISON

 

Votre  âme  C’est pourquoi je vous présente une simple et brève méthode pour cela, Je vous marque premièrement la préparation, laquelle consiste en huit(8) points.

  1. 1.     Se mettre en présence de Dieu        

Comme nous l’avons dit, toute pratique de l’oraison commence par cette étape. Pour Saint François de Salles, à cette étape, il faut considérer notre Sauveur, lequel en son humanité regarde depuis le ciel toutes les personnes du monde, mais particulièrement les chrétiens qui sont ses enfants et plus spécialement ceux qui sont en prière.

  1. 2.     Invoquer Dieu

L’invocation se fait de cette manière : votre âme , se sentant en la présence de Dieu, se prosterne en une extrême révérence

 Enfin, il faut conclure la méditation par trois actions, qu’il faut faire avec le plus d’humilité que l’on peut. La première, c’est l’action de grâces, remerciant Dieu des affections et résolutions qu’il nous a données, et de sa bonté  et miséricorde que nous avons découvertes au mystère de la méditation la seconde, c’est l’action d’offrande par laquelle nous offrons à Dieu sa même bonté et miséricorde, la mort, le sang, les vertus de son Fils, et, conjointement avec icelles, nos affections et résolutions. La troisième action est celle de la supplication, par laquelle nous demandons à Dieu et le conjurons de nous communiquer les grâces et vertus de son Fils, et de donner la bénédiction à nos affections et résolutions, afin que nous les puissions fidèlement exécuter; puis nous prions de même pour l’Eglise, pour nos pasteurs, parents, amis et autres, employant à cela l’intercession de Notre Dame, des anges, des saints. Enfin j’ai remarqué qu’il fallait dire le Pater noster et Ave Maria, qui est la générale et nécessaire prière de tous les fidèles.

A tout cela, j’ai ajouté qu’il fallait cueillir un petit bouquet de dévotion; et voici que je veux dire. Ceux qui se sont promenés en un beau jardin n’en sortent pas volontiers sans prendre en leur main quatre ou cinq fleurs pour les odorer et tenir le long de la journée: ainsi notre esprit ayant discouru sur quelque mystère par la méditation, nous devons choisir un ou deux ou trois points que nous aurons trouvés plus à notre goût, et plus propres à notre avancement, pour nous en ressouvenir le reste de la journée et les odorer spirituellement. Or, cela se fait sur le lieu même auquel nous avons fait la méditation, en nous y entretenant ou promenant solitairement quelque temps après.

  

IV-COMMENT FAIRE UNE BONNE ORAISON ?

    

    L’indisposition intérieure, une grande difficulté

 

La facilité et la difficulté viennent de la disposition intérieure. De ce fait, le prelât, l’oraison est difficile pour les pécheurs impénitents, chez les esprits dissipés qui savent entrer dans leur cœur et qui se laissent distraire par le moindre bruit car dit-il la sagesse n’entre pas dans un cœur que la malice domine, elle ne parle qu’aux cœurs attentifs